Est-ce permis à un Noachide de sonner du Chofar? Dans quelles conditions?
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Est-ce permis à un Noachide de sonner du Chofar? Dans quelles conditions?
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Question:
Question:
Bonjour Rav,
J’écoute vos cours avec beaucoup d’intérêt et vous en remercie.
Concernant le rapport du Judaïsme au Christianisme et à l’Islam, votre discours de vérité franche a pour fondement l’antériorité du Judaïsme, dont le Christianisme est issu et à la source duquel l’Islam a puisé.
Ceci implique de ces religions à tout le moins un devoir de gratitude.
Cependant, vous semblez ne pas appliquer ce raisonnement aux Bnei Noah et il apparaît donc deux poids et deux mesures :
En effet, le premier Ben Noah étant Abraham, il paraîtrait sage que l’antériorité du Nohaisme sur le Judaïsme implique ce même devoir de gratitude du Judaïsme envers le Nohaisme que celui attendu du Christianisme et de l’Islam envers le Judaïsme.
Le Nohaisme est la première vraie expression de la volonté de Hachem, source du judaïsme.
Aussi, pourquoi imposer, aujourd’hui, aux Bnei Noah, une nécessaire reconnaissance rituélique via un Rabbin ?
Le Nohaisme devrait naturellement constituer une religion dont le destin est certes « consubstantiel » au judaïsme mais dont l’existence propre lui est parallèle et non affilée.
Je vois dans cette affiliation inversée un grave contre sens et dans cette soumission symbolique du Ben Noah au Rabbin une grave erreur historique et symbolique, mais aussi tactique, car si je suis convaincu de la capacité extraordinaire du Nohaisme à s’imposer comme religion naturelle de millions d’hommes et de femmes non juifs partout à travers le monde, jusqu’à même surpasser les religions établies à ce jour, tant son message et son histoire semblent correspondre à une attente de l’humanité, je suis également convaincu que le succès de cette religion ne peut advenir si nous ne l’établissons pleinement dans ses droits.
Qu’il soit nécessaire de reconnaître le projet commun du peuple juif et des Bnei Noah tel que révélé par la Torah d’Israël pour accéder au statut de Ben Noah me paraît indiscutable, puisque tel est l’objet même de ce statut, mais, pour autant, je ne vois pas que cette reconnaissance nécessite l’autorité d’un rabbin.
Les Bnei Noah, dont la parole reçue de Hachem est source du judaïsme sont naturellement affranchis de l’autorité de ce dont ils sont la source, quand bien même leur statut est explicité par la Torah.
Aussi, il m’apparaît, en l’absence de précisions de la Torah sur ce point, que la seule formalité pour accéder à la qualité de Ben Noah est la reconnaissance du projet commun révélé par la Torah d’Israël, et que les Bnei Noah sont fondés à se reconnaître entre eux indépendamment de toute intervention rabbinique et fondés à être reconnus naturellement par le peuple juif dans les mêmes conditions.
Le temps écoulé depuis Abraham n’a aucune importance, le temps de Hachem n’est pas celui de la vie d’un homme et les Bnei Noah récemment convertis s’inscrivent à la suite d’Abraham aujourd’hui comme s’il était 4000 ans plus tôt.
Qu’en pensez-vous ?
Merci
Laurent
Réponse:
Cher Laurent, je trouve que cette question est très importante. Je me la suis moi-même posée lorsque j’ai commencé à étudier le Noahisme. Je voudrais donner trois précisions importantes :
1) Tout d’abord, libre à tout homme sur la terre d’admettre le Noahisme, sans passer par les Rabbins. Et dans ce cas, cela concerne sa relation envers D-ieu, indépendamment de ce que peuvent en penser les Rabbins.
2) Deuxièmement, le statut du Ben Noah a des conséquences au niveau des Enfants d’Israël, entre autre l’installation éventuelle d’un Ben Noah parmi les hébreux sur leur terre et donc de ce point de vue là, il doit y avoir une formalité concernant les hébreux.
C’est pour cela que certains considèrent que le statut du Ger Toshav ne concerne que le non-Juif intéressé à vivre sur la terre d’Israël et non pas celui qui vit en dehors de cette terre. Cela est discuté par les Rabbins de différentes opinions, certains admettent votre opinion, qui n’est pas d’ailleurs la mienne.
J’ai une lecture des textes de Maïmonides et du Talmud qui exige en effet de passer devant un tribunal Rabbinique. Mais vous pouvez effectivement admettre l’autre opinion.
Là je voudrais rentrer dans quelque chose de beaucoup plus profond. Pour employer le langage du Talmud, la loi Noahide a été d’une certaine manière abrogée. Pas totalement, mais comme dit le Talmud « c’est vrai que les nations ont accepté les 7 commandements Noahides, mais à un moment elles ont cessé de les accepter ».
Ca ne veut pas dire que l’humanité est retombée dans la barbarie, bien loin de cela. L’humanité a continué dans son ensemble grosso modo à accepter les lois Noahides. Cependant, cette acceptation s’est faite en tant que ‘loi naturelle’ ou ‘morale naturelle’, mais a cessé d’être reconnue comme étant le commandement de D-ieu, la Mitzva. La Mitzva a un sens très fort. Elle implique qu’il y a une directive donnée par le Créateur du monde et que c’est cette directive qui fait que j’accomplis la Loi.
Or, cela a disparu de l’humanité.
Un exemple d’ailleurs assez proche de nous, c’est le Paulinisme qui a dit « tout est permis, mais tout n’est pas convenable », c’est à dire qu’il faut continuer d’accomplir la Loi mais non pas en tant que Loi. C’est pour cela qu’il faut passer devant un Tribunal pour que ça redevienne une Loi.
C’est à dire : étant donné que le souvenir de la Loi Noahide a été transmis par les Rabbins d’Israël, ce sont eux les dépositaires de cette connaissance. Et donc, lorsqu’un non-Juif veut accepter la Loi Noahide en tant que Loi, et non simplement en tant que « législation naturelle » ou en tant que « morale naturelle », il doit officialiser son retour au statut antérieur de l’humanité, à l’époque où elle acceptait la Loi.
C’est la raison pour laquelle nous demandons à faire une formalité de ce genre, qui vient exclure l’individu de l’état actuel de l’humanité, qui ne se contente que de la morale naturelle, pour en revenir au statut de ce qu’on appelle Metsouvé Véossé – celui qui a reçu un commandement.
Je voudrais vous raconter à ce propos une anecdote. Il m’est arrivé de rencontrer un non-Juif originaire de France qui est venu me demander ce qu’il devait faire pour sanctifier sa vie ? Il m’a dit « ne me parlez pas des 7 commandements noahides, parce que je les ai déjà acceptés, mais je voudrais savoir ce que je dois faire pour sanctifier ma vie ? »
Alors au début, je lui ai dit « vous n’avez qu’à prendre du Judaïsme ce qui vous intéresse. Il m’a répondu : Pas du tout, si c’est la Parole de D-ieu, c’est à vous de me dire ce que je dois faire ». Et effectivement j’ai retrouvé ici ces enseignements de Maïmonides.
Il y a aussi un autre point que je voudrais soulever. Vous savez qu’à chaque fois dans l’humanité il y a eu des inspirations tirées du Judaïsme et qui comme vous le connaissez bien, puisque vous en avez parlé, on a souvent pu voir des déviations. Ainsi il est nécessaire qu’il y ait une sorte de « tampon » de Casheroute qui serait nécessaire pour valider les différentes formes religieuses que pourrait prendre le Noahisme.
Rien n’empêche effectivement les Noahides de s’associer entre-eux et d’innover différentes formes religieuses. Il serait bon qu’elles reçoivent un tampon de contrôle à Jérusalem et à partir de là, qu’elles se développent par elles-mêmes.
Oury Cherki
Question:
Shabbat Noahide !
Bonjour Rav.
Le Shabbat pour les Noahides fait débat depuis longtemps et visiblement la question reste en suspens.
Hashem nous demande d’être des constructeurs dans son monde, le peuple Juif étant pour le reste de l’humanité un peuple de prêtres, un exemple que doivent suivre les 70 autres nations.
Visiblement les Bnei Noah ne doivent faire Shabbat comme les Bnei Israël cela leur serait compter comme une faute, partant de ce principe et sachant que les Bnei Noah souhaite eux aussi pouvoir faire Shabbat sans pour autant être dans l’erreur, il serait peut être judicieux que les Bnei Israël propose aux Bnei Noah un Shabbat qui soit propre aux autres nations.
Merci pour votre réponse.
Shalom.
Réponse: Là nous rentrons dans un débat qui nous partage par rapport à nos amis les Hassidim de Loubavitch (Habad).
Le mouvement Habad Loubavitch a pris comme (curieuse) position que le respect du Chabbat serait interdit à ceux qui ne sont pas Juifs.
A ce propos, il y a tout un débat dans la littérature rabbinique, et au Centre Noahide Mondial (Brit Olam), nous optons pour l’opinion du Hatam Sofer [Rabbi Moshé Sofer de Bratislava, 17ème siècle) qui affirmait que les Noahides peuvent respecter le Chabbat dans son intégralité et c’est la position que nous défendons.
J’irais même plus loin : proposer un Chabbat qui ne serait pas exactement celui d’Israël, par exemple un Chabbat déplacé au mardi ou bien qui aurait des formes religieuses particulières (ce qui est l’opinion de Habad Loubavitch) pourrait de notre point de vue poser problème.
Donc c’est à vous de choisir.
De toutes manières, si vous me demandez mon opinion : vous pouvez respecter le Chabbat, il y a même en cela quelque chose de souhaitable.
Rappelez-vous que l’interdiction de travailler le Chabbat est mentionnée deux fois dans les dix commandements. La première fois dans le livre de l’Exode et là bas, la Torah dit « souviens toi du jour du Chabbat » et la deuxième fois dans le livre de Deutéronome où la Torah dit « garde le jour du Chabbat ». Pour la première fois, la motivation c’est parce que Dieu a crée le monde en six jours, tandis que la deuxième fois, c’est parce que nous étions esclaves en Egypte.
Alors évidemment le Chamor (« garde le Chabbat » du Deutéronome), concerne les enfants d’Israël, ce sont eux qui étaient esclaves en Egypte et qui ont été libérés. Mais la création du monde concerne l’humanité toute entière, donc le Zahor (le « souviens-toi du jour du Chabbat » du livre de l’Exode) concerne l’ensemble de l’humanité.
Cette opinion d’ailleurs est défendue, entre autre, par un des grands décisionnaires actuels le Rav Avigdor Nebenzahl, avec qui je me suis entretenu directement de cette question.
Oury Cherki
Bonjour,
Pourquoi dans le livre d’Esther les ennemis des juifs sont exterminés et pourquoi Esther demande-t-elle de faire tuer les 10 fils de Hamman ? Je ne comprends pas car dans les 10 commandements il est dit qu’il est interdit de tuer …
Merci
R: Il est interdit de tuer mais il n’est pas interdit de faire la guerre. Dans le livre d’Esther les ennemis s’apprêtaient à massacrer les juifs lors du treize Adar. Leur extermination ce jour-la était un acte de légitime défense. A Suse les combats ont continué un jour de plus. Les dix fils d’Haman avaient été tués lors des combats du premier jour. Esther n’a pas demandé de les tuer, mais seulement de pendre leurs dépouilles, afin de susciter l’effroi chez les ennemis des juifs. Tout ceci est explicitement écrit dans le livre d’Esther.
Réponse: La différence entre le judaïsme et le christianisme autour de la personne de Yeshua tient à la différence de conception du messianisme.
Pour la tradition d’Israël, le messie est tout d’abord un roi, c’est-à-dire un personnage politique, qui libère Israël de la domination des nations, et qui établit la justice sur terre. La conséquence de sa venue est une transformation de l’humanité qui établit la paix universelle, avec pour centre le temple de Jérusalem et le peuple d’Israël rassemblé sur sa terre.
Pour le christianisme, le messie remplit une fonction métaphysique et non pas politique: il rachète les âmes du pêché originel, sans quoi elles sont vouées à la perdition éternelle. Cette conception, d’origine païenne, qui implique l’image d’une divinité ennemie de l’homme, qu’il faudrait apaiser par un sacrifice humain, est profondément étrangère au judaïsme, qui considère que l’homme est a priori invité à la béatitude éternelle.
Les prophètes n’ont jamais parlé de ce genre de choses, ils ont toujours été préoccupés de justice et non du seul amour. Le prophète Ezéchiel dit que le nom du messie sera « Dieu est la justice ».
En tant que Bnei Noah, nous sommes tenus de suivre 7 commandements, maintenant suivant que l’on suive le Rav Dynovisz ou le Rav Cherki cela varie. En effet, le Rav Cherki déclare que l’on peut ajouter le nombre de commandements que l’on veut pour autant que l’on s’y tienne, par contre le Rav Dynovisz déclare que l’on doit se contenter des 7 commandements. Alors j’ai pris un livre reprenant les 613 commandements et j’ai été un peu surpris de voir que par exemple, les juifs sont obligés de respecter le commandement de l’amour du prochain … tandis que nous, non …. autre exemple : les juifs ne peuvent s’adonner à la saoûlerie et à la débauche … alors que nous non …. et bien d’autres … alors la question que je me pose est la suivante : Est-il possible qu’Hachem nous permette de nous saoûler et de nous adonner à la débauche ??? Est-il possible qu’Hachem ne nous demande pas d’aimer notre prochain ???? et que malgré tout nous ayons part à la vie future ??? Pouvez-vous m’aider à comprendre ?
Réponse: Le devoir d’aimer son prochain et de respecter la loi morale avec ce qu’elle implique de rejeter la débauche et la saoulerie est une norme de la civilisation et précède la Thora, que ce soit celle des juifs ou que ce soit celle des noachides. La Michna (Kiddouchine I, 10) est très explicite la-dessus: « Celui qui n’a ni loi écrite, ni loi orale, ni morale naturelle (Derekh Eretz) n’appartient pas à la société des hommes ». La thora exige qu’une partie de ces devoirs soient des commandements pour le peuple d’Israël et des devoirs moraux pour l’humanité, afin de renforcer la responsabilité du peuple juif. Si on s’acquitte pleinement et sincèrement des sept commandements noachides, on ne peut pas raisonnablement tomber dans la débauche et la saoulerie.
En lisant la prière qu’a fait le roi Chelomo dans le tanakh à partir de Roi 1 8:23 à 53 un moment le roi Chelomo prie pour les non-juifs et dit (verset 41) « Je t’implore aussi pour l’étranger qui ne fait pas partie de ton peuple Israël et qui viendrait de loin pour honorer ton nom … et ils viendront prier dans cette maison; toi tu l’entendras … »
Pourquoi dit-on aujourd’hui que si un non-juif vient prier au kotel, il est exaucé alors que le roi Chelomo a dit dans cette maison puisque aujourd’hui, malheureusement elle n’y est plus?
Réponse: Le texte hébraïque du verset dit que l’étranger priera vers cette demeure. Le Kotel remplit parfaitement cette fonction. Il ne s’agit évidemment pas d’un fonctionnement « automatique », mais d’une prise en compte des nécessités de sanctifier le Nom de Dieu.